Élections en Haïti : Le secteur privé exige un processus crédible, inclusif et sécuritaire

Les associations patronales réaffirment que le retour à l’ordre constitutionnel est indispensable au rétablissement de la confiance et de l’activité économique.

Face aux inquiétudes persistantes entourant le processus électoral, les associations signataires (ADIH, CCIH, CCIHC et Institut Macaya) réaffirment avec fermeté que le retour à l’ordre constitutionnel est essentiel pour rétablir la confiance, la sécurité et l’activité économique en Haïti. Le secteur privé soutient la tenue d’élections dans les meilleurs délais, mais refuse catégoriquement qu’elles se réduisent à une simple formalité. Pour être légitimes, ces élections doivent garantir une participation réelle, libre et équitable, et traduire fidèlement la volonté populaire.

La crédibilité de ce processus exige des conditions impératives : la mise en place de conditions de sécurité permettant une campagne et un vote libres ; l’accès à l’enregistrement et au vote pour les populations déplacées et les zones difficiles d’accès ; l’indépendance, l’impartialité et la transparence des autorités électorales ; la publication régulière d’informations claires ; ainsi qu’une observation électorale rigoureuse et des mécanismes efficaces de règlement des contestations. Prenant acte de la note de presse du Conseil Électoral Provisoire (CEP) du 21 septembre 2026, les associations patronales appellent à une évaluation plus profonde de l’avancement du processus et à la fixation d’un échéancier réaliste et définitif. Elles exigent la mobilisation sans retard de tous les moyens logistiques, technologiques, sécuritaires et de communication afin de garantir un taux maximum d’inscrits et un scrutin transparent, conférant ainsi à Haïti une gouvernance légitime et crédible.

La situation sécuritaire demeurant profondément préoccupante, notamment parce que la Force de Répression des Gangs (FRG) n’est toujours pas pleinement opérationnelle, les autorités nationales et les partenaires internationaux doivent accélérer son déploiement. Il est crucial que la FRG puisse engager progressivement ses opérations sans attendre que l’intégralité de ses effectifs soit déployée, afin de contribuer dès à présent à l’établissement des conditions indispensables à la tenue d’élections libres sur l’ensemble du territoire. Parallèlement, le secteur privé appelle les partis politiques à mobiliser leurs membres autour de programmes réalistes et à respecter les règles démocratiques, et invite la société civile à s’approprier pleinement ce processus.

Dans le strict respect de son indépendance et de sa neutralité politique, le secteur privé demeure disponible pour soutenir toute initiative allant en ce sens. La démocratie ne peut s’accommoder ni de l’improvisation, ni d’une transition sans fin. Haïti a urgemment besoin d’institutions légitimes, responsables et issues de la volonté populaire.

Fait à Port-au-Prince, le 22 septembre 2026

M. David COLES (Président ADIH)
M. Jean Nathan LETANG (Président CCIH)
M. Gérard LABORDE (Président CCIHC)
M. Jean Paul FAUBERT (Président Institut Macaya