Dans le cadre d’une visioconférence diplomatique d’envergure, le Consensus Politique National, en étroite collaboration avec la diaspora haïtienne et la société civile, a tenu une rencontre cruciale avec le Groupe de Personnalités Éminentes (EPG) de la CARICOM. Cet échange stratégique marque une étape déterminante dans la recherche d’une issue à la profonde crise structurelle que traverse Haïti. Réunissant une large coalition d’acteurs politiques et sociaux, cette initiative démontre la volonté collective de l’opposition progressiste de se positionner comme une véritable force de proposition pour la refondation du pays, en s’appuyant sur une représentation diplomatique solide et pluraliste.

La délégation unie qui s’est présentée devant les représentants de la CARICOM incarnait la diversité et la pluralité du mouvement d’opposition. Composée de parlementaires, d’experts juridiques, de représentants de la société civile et de leaders de la diaspora, cette coalition a su dépasser les clivages partisans pour porter une vision commune. La présence significative des organisations de la diaspora, à travers des structures comme PDH-France, VIZAJ DIASPORA et le Forum Mondial de la Diaspora, témoigne de l’implication croissante des communautés haïtiennes établies à l’étranger dans la recherche de solutions durables, renforçant ainsi la légitimité internationale de cette démarche.

Au cœur des échanges, la proposition de sortie de crise présentée par la délégation s’articule autour d’un retour à la logique constitutionnelle avec un Exécutif bicéphale solide, compétent et souverain. Face à ce que l’opposition qualifie de « gouvernement de facto illégal et illégitime », les participants ont souligné l’urgence de rétablir l’ordre constitutionnel et la légitimité des institutions. La dénonciation unanime du non-respect du pacte de stabilité, illustré par les événements récents, renforce la détermination de cette coalition à proposer une alternative crédible et techniquement viable, refusant catégoriquement toute solution importée qui ne respecterait pas la souveraineté nationale.

Parmi les interventions marquantes de cette rencontre, le représentant de la diaspora, Moïse Garçon, s’exprimant au nom de la Proposition Citoyenne et de l’organisation VIZAJ Diaspora, a tenu à remercier chaleureusement les éminentes personnalités de la CARICOM pour leur patience et leur implication soutenue dans ce processus. Il a néanmoins rappelé avec une franchise constructive qu’à l’aube du 7 février 2026, lors de la dernière rencontre des plateformes politiques, de la société civile et de la diaspora, ils avaient déjà prévenu de l’échec prévisible de la voie alors envisagée, sachant pertinemment que le pays ne fonctionne optimalement que sous un gouvernement bicéphale. Face à l’absence criante du Parlement et d’autres institutions républicaines fondamentales, il a insisté sur la nécessité impérieuse de parvenir à un compromis pour organiser des élections crédibles dans les plus brefs délais. Tout en plaçant la stabilité et la sécurité au cœur des préoccupations, il a plaidé pour une transition équilibrée assortie d’un calendrier rigoureusement défini, considérant qu’une proposition de sortie de crise dépourvue de dates ou de périodes spécifiques pour les élections constituerait une erreur stratégique majeure à éviter absolument.

En définitive, cette visioconférence avec la CARICOM représente un moment charnière dans le processus de résolution de la crise haïtienne. L’opposition, la diaspora et la société civile ont clairement réaffirmé leur rejet d’une solution exogène, en insistant sur la nécessité pour le peuple haïtien de choisir souverainement son destin à travers un processus électoral transparent et planifié. La proposition déposée sur la table des négociations offre une feuille de route claire, ancrée dans la légalité constitutionnelle et désormais enrichie d’un impératif temporel concret. Reste à voir comment la CARICOM et la communauté internationale accueilleront cette initiative qui, en liant indissociablement stabilité, sécurité et calendrier électoral, pourrait bien ouvrir la voie à une sortie durable de la crise multidimensionnelle que traverse Haïti.