l’EDSEG : un atout majeur pour la ville des Gonaives !

L’École de Droit et des Sciences Économiques des Gonaïves (EDSEG) représente, depuis sa création jusqu’à aujourd’hui, un pilier dans la formation des jeunes cadres en dépit des problèmes structurels et académiques auxquels elle est confrontés. Grâce à elle, des milliers de jeunes bacheliers et bachelières ont pu intégrer l’Université d’État d’Haïti (UEH).

À côté de cette noble mission qu’elle remplisse depuis jadis, l’EDSEG représente un véritable atout touristique, économique pour la cité de l’indépendance. Parce qu’ils sont légions, les jeunes venant de Port-au-Prince, Carrefour, Liancourt, Verrettes, Desarmes, Arcachaie, Gréssier, Port-de Paix, Pilboreau, Ennery, Kabaret, Léogâne, etc à découvrir le charme, le potentiel touristique et historique de la quatrième ville du pays.

Comme il est coutume, cette année encore, ils sont nombreux à se rendre aux Gonaïves soit pour participer au concours d’admission ou participer au traditionnel séminaire réalisé avant le déroulement de chaque examen. Des milliers de jeunes se sont débarqués dans la ville et y sont restés pendant plusieurs jours. Au menu de leurs programmes : séminaire, plaisir, et autres.

Certains arrivent 24 heures avant le déroulement de ces activités, d’autres en revanche viennent quelques heures avant. Ce qui est sûr et certain, l’ambiance était au rendez-vous que ce soit sur les cours de la Faculté ou des groupuscules se sont formés par-ci par-là pour discuter des sujets relatifs à l’année académique torpillée par la crise sanitaire et politique, aux enjeux de la route nationale, à l’insécurité grandissante, à l’ossature de la ville, au trajet, ou autres. Bref, l’on discute de tout et de rien. Tous les sujets sont permis.

Economique

Les étudiants ont été remarqués partout dans la ville : dans les bars, dans les restaurants dansants, situés dans les zones approximatives notamment, dans les night-clubs, dans les activités sportives et autres. Ils achètent, ils boivent, ils dansent à corps perdu sous le ciel Gonaivien oubliant quasiment tous les soucis de la vie quotidienne pendant leurs séjours, comme si le pays se portait bien.

Les marchands qui s’installent à l’entrée de la faculté (secteur informel), les propriétaires des hôtels, les chauffeurs de taxi, de tap tap, peuvent témoigner de l’opportunité qu’a offerte EDSEG . Car , ils sont en première ligne des bénéficiaires sachant que la présence des étudiants apporte un plus à leur activité de tous les jours.

Nous sommes le jeudi 10 juin 2021, à moins de 24 heures du déroulement des examens. Les véhicules de transport en commun assurant le trajet Gonaïves – Port-au-Prince arrivent les uns après les autres remplis de personnes, pour la plupart de jeunes étudiants.

Son visage caché derrière ses paires de lunettes noires, son sac bien rempli, Nava s’apprête à quitter la station pour se rendre dans un hôtel de la place. « Je suis arrivée à peine. Je vais me rendre dans un hôtel situé à quelques mètres de la faculté. Les autres étudiants sont déjà là ». On va s’amuser ce soir, comme ce fut toujours le cas à chaque période.

Quelques heures après, un groupe d’étudiants déambulent dans les rues de la cité de l’indépendance. À moins de deux cent mètres se trouve un bar dont je me réserve le droit de citer son nom pour des raisons de sécurité surtout. L’espace était déjà bondé de gens, en grande majorité des étudiants venus de différents endroits du pays. Ils sont à la recherche du plaisir et de la nourriture.

« C’est l’endroit idéal pour se détendre » lâche Peterson François, étudiant en 3ème année juridique, originaire de la ville de Port-au-Prince. On est venu aux Gonaïves pour des raisons académiques certes, mais on profite de ce voyage pour se distraire un peu et du même coup lier connaissance à cette ville historique.

Entre-temps, des demoiselles qui portent les maillots de l’entreprise commencent à exécuter les commandes ou tout en recevant d’autres. « Un prestige s’il vous plaît mademoiselle. Est-ce qu’on peut voir le menu Stp ? Apportez-moi une bouteille d’eau stp mademoiselle. Un bouillon …» Les serveuses semblent dépasser par les commandes.

« Employée dans cette entreprise depuis plus d’un an, Lovely tente d’expliquer cette situation : « Nous nous sommes habitués à ce genre de situation. Dès qu’il y a examens, séminaire ou autres à l’EDSEG, la situation est toujours pareil ici. Les étudiants y débarquent en foule. EDSEG, représente une véritable opportunité pour cette entreprise et pour bien d’autres » a –t-elle expliqué. Les marchands qui se trouvent à l’entrée principale de la Faculté peuvent témoigner de l’utilité de la fac pour leur business.

Touristique

Certains étudiants ont profité de cette occasion pour visiter quelques sites historiques et touristiques de la ville dont la place Dame des Gonaïves, les « LAKOU », etc.

Touchée par la présence massive des étudiants pendant tout le week-end des examens, la ville a été surchauffée. Voulant profiter de cette occasion, les jeunes se sont dispersés dans quasiment tous les coins et recoins de la ville .Et chacun a su profiter, à sa guise, de ce petit voyage académico-touristique.

Très souriant, Peterson François junior et Vanesa Paul, originaires respectivement de Léogane et de Port-au-Prince, se déambulent à travers les rues de la cité de l’indépendance après les examens du samedi 12 juin 2021.

« Je suis étudiant en première année des sciences juridiques. Je suis venu ici pour la première fois. Comme tous les étudiants, l’objectif principal est de subir le test certes, mais outre cette obligation académique, ça aurait été une faute grave de ne pas nouer connaissance avec cette ville historique, ses sites touristiques et autres “, a déclaré Peterson François Junior précisant par ailleurs que la prochaine fois qu’il visitera après les examens un lieu historique du département : « Passe Reine »

De son côté, Vanessa Paul, se dit très satisfaite et heureuse d’avoir eu la chance de venir aux Gonaïves pour la première fois.” Je n’ai jamais pris la direction Nord du pays et j’en profite au maximum de ce voyage. Dimanche après les examens, je ferai pas mal de déplacement. Ce qui me permettra de voir et de comprendre un peu de la réalité de cette ville. Donc, le tourisme local sera au rendez-vous ”, a martelé Vanessa Paul d’un ton très calme.

Malgré l’absence d’une politique éducative de qualité, la Faculté de droit et des Sciences Économiques des Gonaïves participent, tant bien que mal, à la formation et à l’épanouissement des jeunes. Sa renommée nationale rend beaucoup de service à la ville des Gonaïves tant sur le plan académique que sur le plan touristique et économique et j’en passe.

Fort de toutes ces considérations, on pourrait dire que l’EDSEG offre une belle opportunité à cette ville ? L’École de droit et des sciences économiques des Gonaïves peut-elle devenir un jour notre Harvard national tenant compte de son importance? Nous ne sommes pas encore là.