Après avoir manipulé la crise Haïtienne, Les interlocuteurs interressés de la CARICOM font face à des erreurs fatales (Part I)

À date personne ne sait exactement comment la Caricom a pu sortir de son sphère d’activités pour se retrouver au beau milieu de la crise haïtienne à titre d’interlocuteur ou médiateur. Certainement, la Caricom a tenté quelques mois plus tôt de prendre connaissance des éléments clefs de la crise en organisant un événement à Kingston, Jamaïque où beaucoup d’acteurs ont été invité, d’autres acteurs importants ont été négligé mais personne se s’en plaignait trop car la Caricom n’est pas considéré comme une grande organisation en Haïti. D’ailleurs Haïti ne profite presque rien de concrêt de ce partnership et même avec un passeport des Caraïbes beaucoup d’haïtiens se voient refuser l’entrée dans certaines de ces petites îles (dont la superficie et la population haïtiennes dépassent très largement). Les haïtiens souffrent beaucoup de discriminations dans certains de ces pays membres, même aux Bahamas par exemple où la moitié des membres de cette population sont des descendants d’haïtiens.

La Caricom avait échoué durant ces premières négociations, mais elle n’avait pas aussi pardonné l’attitude du gouvernement haïtien qui n’avait pas trop coopéré.
Les émissaires de la Caricom étaient revenu en Haïti et tentaient d’avoir un protocole d’accord signé, mais c’était encore un grand échec. Après cette dernière initiative, à la fin de l’année 2023, tout le monde croyait que la Caricom avait laissé tombé ce projet. Pour des raisons que l’on ignore, la Caricom a rebondi, mais cette fois-ci avec beaucoup plus de support et particulièrement un peu plus décisive. Au début du mois de mars 2024, la Caricom a profité du départ du Premier Ministre haïtien, Dr Ariel Henry, au Kenya pour lui porter le plus grand coup, comme une belle revanche!

Avec le support de ses alliés en Haïti et une partie de la presse internationale, la Caricom a pu se renforcer car la situation s’est tellement compliqué pour Ariel Henry et sa delegation, ils ne pouvaient pas retourner en Haïti. Le Premier Ministre a été humilié en République Dominicaine qui lui a refusé son atterrissage. Il a du par la suite, après des heures de confusion, se rendre à Porto Rico pour y séjourner pendant des jours. Les rumeurs circulaient à grande allure tandis que la situation devenait chaotique en Haïti. Les gangs détruisaient presque tout sur leur passage. Le kidnapping a recommencé, le chaos s’est installé. Tous ces facteurs ont permis à la Caricom d’agrandir son influence et se positionner en tant que juge et partie dans cette crise haïtienne multidimensionnelle. La Caricom a imposé des conditions aux acteurs haïtiens, elle a rapidement des alliés et d’autres secteurs, sans valider leur importance dans les communautés haïtiennes ni le poids de leur contribution, l’important est tout simplement de conclure un accord politique le plus tôt que possible pour finir avec Ariel Henry et remplacer son cabinet ministériel avec des gens beaucoup plus flexibles. En peu de temps certainement, en dépit des contestations autour des secteurs et personnalités sélectionnées ou les conditions relatives à cet accord, la Caricom a fait la sourde oreille pour poursuivre et exécuter son petit agenda. C’est ainsi que les acteurs de cette organisation ont abouti à la création d’un Conseil Présidentiel express sans prendre en considération des étapes à suivre pour transformer ce projet en réalité. La Caricom a donc commis les principales erreurs qui suivent:

1- La Caricom a demandé aux acteurs haïtiens d’élire un président et un Premier Ministre, mais les membres du Conseil ne pouvaient pas s’entendre. Malheureusement, au lieu d’insister, la Caricom a changé le programme !

2- La Caricom a reconnu l’autorité d’Ariel Henry comme Premier Ministre en fonction, à travers sa correspondance du 28 mars où elle demande au Premier Ministre de publier la liste des 9 membres du conseil présidentiel dans le journal officiel Le Moniteur, tandis qu’il y a près deux semaines la Caricom et ses alliés ont fait de leur mieux pour humilier Ariel Henry et donner l’impression au monde qu’il faisait partie du passé. Une propagande bien ordonnée a été déclenché au niveau local et international.

3- La Caricom a établi dès le départ que neuf (9) secteurs seront représentés au niveau du Conseil Présidentiel dont deux (2) joueraient le rôle d’observateurs. Ces deux secteurs secteurs seraient la société civile en Haïti et la diaspora. Personne en Haïti ne dispute l’importance et la grande représentation de la diaspora haïtienne (plus de 3 ou 4 millions de gens éparpillés à travers le monde), cependant après bon nombre de modifications au niveau du Conseil et surtout de l’improvisation, la liste finale a vu la diaspora écartée (sans représentation) pour être remplacée par un secteur inventé par la Caricom communément appelé e « INTERFAITH », quoique la représentante de ce secteur travaillait pour le gouvernement actuel contrairement au premier représentant qui a été choisi par le parti politique TÈT KALE (quasiment même famille).

4- La Caricom n’a jamais assumé directement son rôle d’interlocuteur ou médiateur de la crise haïtienne. Sauf l’organisation d’une vidéo téléconférence publique avec certains secteurs haïtiens tenus lors d’une rencontre à Kingston Jamaica entre les membres de la délégation de la Caricom et le secrétaire Américain Antony Blinken, le 11 mars 2024, pour lancer cette démarche qui devrait aboutir à un accord politique, mais sans méthodologie ni délais ni cadre administratif spécifique ou legal…la Caricom a fait de son mieux pour donner l’impression que les décisions sont prises par les haïtiens et que leur présence n’est pas crucial à la concrétisation de ce projet.
Au moment de la rédaction de ce texte, il y a déjà près de 3 jours depuis que la Caricom a soumis sa liste au Premier Ministre haitien, Dr Ariel Henry, rien n’indique que son gouvernement va faire aucun suivi. Selon des sources crédibles le Premier Ministre Ariel Henry n’a pas l’intention de signer ce document ou de le publier dans le journal officiel Le Moniteur. Toutefois, des observateurs avisés se demandent si le Premier Ministre a.i M. Michel Boisvert ne pas pas lui-même s’arranger pour prendre le risque ou si le cabinet ministériel lui-même ne pourrait pas intervenir ou changer de position. Pour l’instant rien n’a changé!

Parallèlement, les organisations sociopolitiques réunies autour de la PROPOSITION CITOYENNE continue de plaider en faveur d’un dénouement de la crise via la Cour de Cassation qui, disent-ils, est la solution la plus logique ou la plus proche de la Constitution haïtienne. En effet, de 1990 à 2004, Haïti a connu deux transitions plus ou moins réussies sous l’égide d’un juge de la cour de cassation. Des experts vous diront aussi quels les circonstances sont un peu différentes au niveau de la forme, mais dans le fond cette option est encore applicable.

Selon toute vraisemblance la Caricom ne joue pas le rôle de médiateur dans cette crise, elle agit plutôt comme une troisième partie avec des intérêts non avoués !
Si ce Conseil est important pour les États-Unis ou le Canada ils trouveront un moyen pour l’installer. Sinon, les lignes vont encore bouger!

L’histoire dira le reste!
#betterhaiti