À la veille de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, l’Opposition progressiste monte au créneau. Dans une lettre ouverte adressée au Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, en date du 17 septembre 2026, une coalition de partis et de regroupements politiques qualifie d’« inutile » sa participation au grand rendez-vous onusien et exige une reddition de comptes. Les signataires — dont Me Annibal Coffy, le sénateur Dieuseul Simon Desras, le député Jonas Coffy, l’ingénieur Saint-Armand Delissaint, Me Jeantel Joseph, le professeur Delson Cius, Me Francisco Alcide, Marc-Arthur Mesidor et l’ingénieur Jonas Jean Félix — estiment que le chef du gouvernement n’a plus rien à dire à la tribune internationale, tant le fossé s’est creusé entre les discours officiels et la réalité haïtienne.
La missive ne mâche pas ses mots. Elle rappelle que le pouvoir de M. Fils-Aimé, né dans la crise, a glissé vers « le chaos total », avec un effondrement institutionnel et une banalisation de la décadence. L’Opposition progressiste dénonce un pouvoir « profondément illégal et illégitime », fondé selon elle sur une usurpation et une référence frauduleuse à l’article 149 de la Constitution. Le pacte signé avec ses alliés n’aurait eu qu’un seul objectif : confisquer le pouvoir sans vision ni projet. Résultat, affirme-t-elle, le peuple haïtien paie la facture, pris en étau entre misère économique, insécurité meurtrière et emprise destructrice des gangs armés.
La lettre fustige également la gestion gouvernementale, accusée de réduire Haïti à un simple dossier administratif ou à une ligne budgétaire aux yeux de la communauté internationale. Elle dénonce « la culture d’épicier » du cabinet ministériel et les voyages improductifs qui, selon les signataires, ne servent qu’à satisfaire les jouisseurs d’un clan indifférent à la descente aux enfers du pays. Plutôt que de participer à une « mise en scène diplomatique » à New York, le Premier ministre devrait, selon eux, rester en Haïti pour assumer la responsabilité politique de son pacte : garantir la stabilité et organiser les élections.
L’Opposition progressiste appelle donc Alix Didier Fils-Aimé à renoncer à ce déplacement et à engager un véritable dialogue avec les forces vives de la nation. Elle plaide pour une sortie de crise harmonieuse, une nouvelle gouvernance capable de rassembler les compétences haïtiennes et la fin d’une transition qui n’a que trop duré. En formulant cette « injonction patriotique », les signataires entendent rappeler que la légitimité ne se décrète pas à l’étranger : elle se reconstruit en Haïti, par la reddition de comptes, le dialogue et des élections crédibles.




