Un réveil citoyen sans précédent dans la cité du Cap-Haïtien

L’Association Nationale de Défense de l’Environnement et du Développement Durable (ANADEDU) exprime sa vive satisfaction après la récente mobilisation des habitants du Cap-Haïtien. Pour la première fois depuis longtemps, la population est descendue massivement dans l’espace public pour dénoncer l’insalubrité chronique et la dégradation avancée des infrastructures routières. Les citoyens, excédés par l’accumulation des déchets solides, l’obstruction des canaux de drainage et la récurrence des inondations, exigent des interventions durables, estimant que les mesures ponctuelles des autorités ne sont plus à la hauteur de l’urgence. L’ANADEDU voit dans ce mouvement rare un véritable signal d’espoir : un refus collectif de banaliser des conditions de vie indignes, marquées par les eaux stagnantes, les nuisances olfactives et une mobilité devenue dangereuse.

Un soutien ferme et un appel à l’extension nationale du mouvement

L’organisation salue cette prise de conscience environnementale et apporte son soutien total aux habitants du Cap-Haïtien. Elle souhaite que ce réveil citoyen s’étende à l’ensemble du territoire, notamment dans la zone métropolitaine, où des milliers de Haïtiens vivent dans des situations similaires. L’ANADEDU invite par ailleurs la population à orienter ses mobilisations vers des causes d’intérêt général, en dépassant les clivages politiques souvent instrumentalisés. « Agissons pour la planète, aujourd’hui et demain » : c’est dans cet esprit que l’association encourage des initiatives constructives, à l’image de ce mouvement contre l’insalubrité et la dégradation des routes.

Recommandations concrètes aux autorités pour éviter une crise généralisée

Face à l’ampleur des défis, l’ANADEDU interpelle le Ministère de l’Environnement, le Ministère des Travaux publics, le Ministère de l’Intérieur, le Service National de Gestion des Résidus Solides (SNGRS) ainsi que les mairies concernées. Elle leur recommande de prendre très au sérieux ce mouvement avant qu’il ne gagne l’échelle nationale. Parmi les mesures prioritaires : renforcer les capacités logistiques du SNGRS et des mairies, multiplier les opérations de curage des canaux avant et pendant la saison des pluies, instaurer des sanctions effectives contre les dépôts sauvages, lancer de vastes programmes de sensibilisation environnementale dans les écoles et les médias, développer des partenariats public-privé pour construire des centres de tri et de recyclage des déchets, et enfin mettre en place des programmes nationaux de réhabilitation et d’entretien régulier des routes. « L’insalubrité n’est pas une fatalité, agissons maintenant », martèle l’ANADEDU.