Port-au-Prince – Alors que l’instabilité politique gangrène un peu plus le pays, une nouvelle voix s’élève pour fustiger la gestion de la transition. Ce mercredi, Sauveurson Philippe, responsable du Bureau de communication et de suivi de la Convention pour le Rétablissement Institutionnel (CRI), a tiré la sonnette d’alarme, dénonçant avec véhémence ce qu’il considère comme des discussions « opaques » menées en catimini par certains acteurs de la scène politique.
Selon le responsable de la CRI, ces concertations en vase clos ne serviraient que des intérêts particuliers. Loin de répondre à l’urgence nationale, elles profiteraient à des secteurs qui, selon lui, tirent délibérément profit d’une prolongation indéfinie de la transition, sacrifiant la transparence et l’intérêt général sur l’autel de leurs ambitions. Cette dynamique, prévient-il, achève de saper la confiance déjà chancelante de la population et ne fait qu’exacerber la crise institutionnelle qui paralyse le pays.
Face à cette impasse qu’il juge dangereuse, Sauveurson Philippe a lancé un appel solennel et direct au Premier ministre, Alix Didier Fils-Aimé. Il le somme d’organiser sans plus tarder un dialogue national véritablement inclusif. La CRI plaide pour l’intégration immédiate de toutes les forces vives de la nation dans les discussions : partis politiques de toutes obédiences, organisations de la société civile, secteurs économiques sinistrés et, nouveauté insistante, les représentants de la diaspora. Pour le parti, cette ouverture est la seule digue capable d’endiguer ce qu’il décrit comme un « tsunami politique majeur » prêt à déferler.

Pour la Convention, l’heure n’est plus aux atermoiements. La survie même du processus de transition est en jeu. Celle-ci ne pourra réussir qu’en restaurant la confiance populaire et en traçant un cap clair et inflexible vers l’organisation d’élections démocratiques. La CRI martèle l’urgence de réunir les conditions sécuritaires, institutionnelles et logistiques nécessaires à la tenue de scrutins crédibles. Elle exige enfin la définition d’un calendrier électoral précis et un engagement ferme des autorités à installer, à terme, un gouvernement à la fois constitutionnel et démocratiquement élu.
Dans un pays où la défiance envers la classe politique atteint son paroxysme, cette sortie musclée de la CRI relance avec force le débat sur la conduite de la transition et interpelle directement la responsabilité des autorités actuelles face à l’impératif d’une sortie de crise durable et légitime.




