Communiqué officiel

Mercredi 11 février 2026 – Port-au-Prince, Haïti

Le Groupe Cassation, membre de l’Opposition Plurielle, dénonce avec la plus grande fermeté l’instrumentalisation du pouvoir judiciaire au bénéfice d’un Premier ministre révoqué, M. Alix Didier Fils-Aimé.

Nous rejetons catégoriquement la note publiée par le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ) qui prétend, à tort, que l’article 149 de la Constitution aurait été modifié pour prévoir des sanctions contre tout comportement jugé politiquement intéressé. Cette note n’est qu’un instrument d’intimidation destiné à faire pression sur le personnel judiciaire, à entraver l’action de l’opposition plurielle et à museler les forces politiques signataires du Protocole du 14 janvier 2026.

Cette manœuvre désespérée révèle l’absence totale de limites morales de M. Didier Fils-Aimé, prêt à recourir à la force et à la coercition pour se maintenir au pouvoir.

L’article 149 de la Constitution amendée est pourtant clair : il accorde un délai de cent vingt (120) jours pour l’organisation d’élections uniquement à un Premier ministre régulièrement investi et légitime. Ce délai ne saurait être invoqué par un chef de gouvernement révoqué, dépourvu de toute légitimité.

Le gouvernement issu de cette rébellion, qui s’inscrit dans un pouvoir bicéphale et collégial sans base constitutionnelle, a été installé dans un vide institutionnel que nous n’avons cessé de combattre. Notre combat a toujours été, et demeure, celui du rétablissement de l’ordre constitutionnel.

Nous dénonçons par ailleurs, avec la même vigueur, les membres du CSPJ qui, par cette note, substituent une simple circulaire administrative à la loi fondamentale dans un but politique et partisan. Cette attitude constitue un acte de haute trahison, pérennise l’ingérence étrangère et participe à un véritable coup d’État institutionnel. Ce dernier est orchestré par M. Alix Didier Fils-Aimé, avec le soutien de secteurs mafieux de la bourgeoisie compradore et la complicité du chargé d’affaires américain, M. Rooster.

Notre position demeure inébranlable : la seule issue crédible à la crise est la mise en place d’un pouvoir bicéphale, avec à sa tête un Président issu de la Cour de cassation, seule autorité morale et constitutionnelle à même de combler la vacance présidentielle.

M. Alix Didier Fils-Aimé n’est plus Premier ministre.
Il ne peut qu’expédier les affaires courantes. Il lui incombe désormais de transférer le pouvoir à une autorité neutre, légitime et respectueuse de la souveraineté nationale.

En conséquence, le Groupe Cassation exige :

1. La cessation immédiate de toutes les pressions politiques sur le pouvoir judiciaire et le retrait pur et simple de la note incriminée du CSPJ ;
2. Le respect de la volonté du peuple haïtien, exprimée en faveur d’un pouvoir bicéphale et d’un Président choisi parmi les magistrats de la Cour de cassation, à l’exclusion de tout Conseil présidentiel de transition (CPT) et de tout gouvernement dirigé par un Premier ministre révoqué et corrompu ;
3. Le respect de la souveraineté nationale, aujourd’hui bradée à des intérêts étrangers à travers des accords conclus en violation de la loi par ce gouvernement illégitime ;
4. La fin de toute ingérence étrangère, conformément aux dispositions de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques ;
5. L’installation immédiate du Président désigné par l’opposition, magistrat issu de la Cour de cassation, conformément à l’esprit et à la lettre de la Constitution de 1987.

Haïti rejette tout pouvoir monocéphale, autoritaire, impopulaire et illégitime.

Vive Haïti
Vive la lutte pour la démocratie en Haïti

Me Olivier Pieriche
Président, Groupe Cassation

Me Winder Bernard
Porte-parole, Groupe Cassation